Mentorat : de quoi parle-t-on ?

Le constat : des jeunes tributaires de leur origine sociale et territoriale

 

La France est marquée par une mobilité sociale particulièrement faible et par une fracture importante entre ses territoires. Ces facteurs pèsent sur les enfants et les jeunes les plus défavorisés : leur avenir est en grande partie déterminé par la catégorie socio-professionnelle de leurs parents et par leur ancrage territorial. 

Les effets en chaîne du déterminisme social et territorial sont redoutables : les jeunes les plus fragiles sont victimes d’une forme d’inégalité des chances éducatives, les inégalités scolaires s’aggravant d’année en année. Ils sont en outre moins bien informés de la diversité qui s’offre à eux en matière d’orientation, ont davantage tendance à pratiquer l’autocensure au moment de faire des choix. Ces deux facteurs engendrent une inégalité d’accès au diplôme, qui voit les jeunes les plus fragiles arriver désarmés sur le marché du travail et être les premières victimes du chômage.

L’école ne peut plus aujourd’hui remplir seule sa mission d’ascenseur social.

6

générations sont nécessaires en France pour que les descendants de familles modestes atteignent le revenu moyen, contre 4,5 en moyenne parmi les pays de l’OCDE (OCDE, 2018).

20 %

de la performance des élèves de 15 ans en mathématiques en France s’explique par leur milieu socio-économique, contre 13 % en moyenne par les pays de l’OCDE (OCDE, 2016).

24,7 %

des enfants d’ouvriers et employés habitant dans la Creuse deviennent cadres et professions intermédiaires, contre 47 % de ceux établis à Paris.

1.1

point de chômage est imputable au déterminisme social (Institut Sapiens, juin 2019)

Le mentorat, une solution pour favoriser la réussite et l’épanouissement de tous

 

En 2019-2020, près de 30 000 jeunes en fragilité ont été accompagnés grâce à l’engagement bénévole de mentors. Lycéens, étudiants, actifs ou retraités accompagnent individuellement des enfants, des adolescents et des jeunes adultes qui, grâce à eux, reprennent goût aux apprentissages et à l’école, trouvent leur voie d’orientation ou leur premier emploi. Le mentorat est un outil indispensable pour lutter contre le déterminisme social et territorial, et contre l’exclusion des publics en difficulté. De la maternelle à la vie active, quels que soient le niveau scolaire et le lieu de résidence (quartiers politique de la ville, petites villes, zones rurales, etc.), le mentorat permet de lutter contre l’auto-censure et d’élargir le champ des possibles.

Le mentorat désigne une relation interpersonnelle d’accompagnement, de soutien, une relation bénévole, en profondeur, sur le moyen-long terme et basée sur l’apprentissage mutuel. Son objectif est de favoriser l’autonomie et le développement de la personne accompagnée en établissant des objectifs qui évoluent et s’adaptent en fonction des besoins spécifiques. Ce binôme agit au sein d’une structure  professionnelle encadrante (formations, suivis, évaluation…).  

Le mentorat est un des piliers d’une société de l’engagement.

Promouvoir

Le mentorat doit devenir un outil important pour renforcer la cohésion sociale et s’inscrire dans toutes les politiques publiques de lutte contre les inégalités éducatives.

Faciliter

Mise en contact via les associations, inscription du mentorat dans les études et les parcours professionnels, valorisation des compétences acquises par cette expérience sont autant de moyens qui pourront faciliter la démocratisation du mentorat.

Coopérer

Créer une véritable synergie entre tous les acteurs du mentorat afin de proposer des actions complémentaires à l’échelle de chaque territoire.

Labelliser

Chaque association pourrait développer des actions de mentorat. Labelliser ces actions, c’est à la fois mettre en lumière leur qualité mais aussi accompagner les structures dans l’amélioration de leur fonctionnement.

L’impact social du mentorat

76 %

des jeunes accompagnés par Article 1 croient davantage dans leur capacité à réussir leurs études (juin 2018)

87 %

des jeunes accompagné par l’Afev affirment avoir progressé dans leurs notes et dans l’organisation de leur travail (juin 2019).

86 %

des collégiens accompagnés par Chemins d’Avenirs estiment avoir une meilleure connaissance d’eux-mêmes après six mois d’accompagnement (2018-2020).

78 %

des jeunes accompagnés par Télémaque estiment être plus à l’aise avec les adultes (2019).

81 %

des jeunes accompagnés par Article 1 ont pu mieux exprimer leurs aspirations grâce à la relation avec leur mentor (juin 2018).