Revivez les premières Assises du mentorat – atelier 5 – le mentorat, un engagement formateur

Revivez les premières Assises du mentorat – atelier 5 – le mentorat, un engagement formateur
26 janvier 2021 Collectif Mentorat

Objectif de l’atelier :  découvrir la formation des mentors, la valorisation et la reconnaissance des compétences acquises par la pratique du mentorat.

Animation : Claire TAILLARDAT, Pascal JACQUESON et Naïma YAHIAOUI – Télémaque

Intervenants : 

  • Lourdes TOLEDO – Responsable du pôle Expérience Bénévole chez ARTICLE 1
  • Inès DONISCHAL – Chargée de mission Enseignement supérieur – AFEV
  • Clare RAMSBOTTOM – Enseignante et ex Vice Présidente RSU à l’Université Le Havre Normandie
  • Frédéric DEROCHE – Executive Development Head – Groupe AXA

 

Éléments clés évoqués : 

 

La formation, un élément central dans le parcours du bénévole. 

Le mentorat est une relation humaine qui ne s’improvise pas. C’est un engagement qui s’anticipe et se travaille en lien avec la structure professionnelle qui encadre. Une action de mentorat réussie passe par un mentor serein, prêt et bienveillant qui s’entend bien avec le jeune qu’il accompagne. Pour avoir une bonne relation de mentorat il est essentiel que le mentor soit outillé et accompagné face aux défis qu’il va pouvoir rencontrer. À travers cette formation, le mentor doit prendre conscience de la place qu’il peut avoir auprès du mentor et sur l’impact de son action. 

 

Le mentor doit pouvoir intervenir avec une posture adéquate et pour cela il est indispensable de concevoir des parcours de formation adaptés. 

Tout le monde peut devenir mentor, mais il est essentiel de se former à devenir mentor. La structure professionnelle doit sensibiliser les mentors aux attentes et aux limites de leurs actions, tout comme expliciter la durée et les contenus de la mission.

La formation, souvent sous format collectif et alternant une offre en ligne et en présentiel, peut être conçue sur plusieurs modules complémentaires qui accompagneront le mentor au fur et à mesure de l’évolution de ses besoins : travailler la posture du mentor au début, l’écoute active et la communication non-violente ou apprendre au mentor à donner des feedbacks adaptés à son rôle, savoir prendre du recul et évaluer ses compétences à la fin.

Certains des contenus incontournables sur lesquels les associations doivent accompagner leurs mentors sont : 

  • La posture de mentor
  • La place du mentor parmi les autres acteurs éducatifs 
  • L’impact réel du mentor sur le jeune et les attentes du mentor 
  • Apprendre à construire sa séance et à communiquer sur les résultats obtenus (sur ce point la structure doit apporter un process clair et des contenus suffisants pour répondre au besoin du mentor).
  • Former les mentors à la réalité dans laquelle ils interviennent : le but social de l’association, les inégalités, les alliances avec les autres partenaires, les dynamiques locales…

 

La structure encadrante doit être à l’écoute des besoins de ses mentors et offrir des espaces de dialogue et de médiation.

Les exercices pratiques et les mises en situation sont très utilisés par les formateurs pour transmettre des contenus pratiques sur la réalité de l’action de mentor, mais aussi pour témoigner de la complexité et de la richesse qu’ils peuvent rencontrer. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses, ces mises en situation permettent de libérer la parole des bénévoles et de comprendre les appréhensions et les besoins. Ces exercices doivent se poursuivre tout au long de l’année en complément des séances de médiation.  

Chaque mentor doit être accompagné par un référent professionnel qui encadre et accompagne l’action. 

 

Le mentorat est un engagement formateur qui développe des compétences chez les mentors qui s’engagent. 

Le mentorat est une action formatrice bénéfique aussi pour le mentor, tant dans le cadre d’un parcours d’études que dans une logique d’insertion professionnelle. Il est important de mettre en place un référentiel de compétences spécifique aux actions de mentorat pour accompagner le mentor dans son bilan de compétences et sa valorisation.  La progression et l’apprentissage du mentor se réfléchit tout au long de son engagement, même si celui-ci dure plusieurs années. 

Le mentorat apporte une lecture supplémentaire face aux inégalités sociales et développe une intelligence émotionnelle de plus en plus recherchée par les cadres dirigeants. Les softkills acquises sont des compétences essentielles pour les futurs managers.

 

La reconnaissance de l’engagement étudiant au sein des universités est un facteur de cohésion et de réussite pour les étudiants et pour l’université qui s’engage.

Le mentorat est un levier d’intégration pour les étudiants universitaires qui s’y engagent, permettant la  création d’une communauté d’étudiants basée sur l’échange et le partage.  Il est prouvé que les étudiants mentors sont moins susceptibles de décrocher.  

La reconnaissance de l’engagement étudiant et des compétences acquises à travers une action de mentorat favorise la réussite académique des étudiants mentors. Ils gagnent en confiance en eux et développent des softskills essentielles pour l’insertion professionnelle. La reconnaissance de ces compétences permet au mentor de prendre conscience du chemin parcouru, d’être certifié sur la maîtrise des compétences et d’être plus attractif vis-à-vis des futurs recruteurs. 

Il existe des solutions numériques qui permettent aux universités, aux associations et aux mentors de développer la reconnaissance de l’engagement et de valorisation les compétences acquises (voir par exemple la plate-forme REEC by Afev).

 

Le mentorat doit permettre de créer des passerelles entre les offres de formations universitaires et les besoins des recruteurs. 

Le tissu associatif, les universités et les entreprises présentes sur le territoire doivent pouvoir travailler ensemble pour développer une offre d’accompagnement adaptée aux besoins locaux. 

 

PERSPECTIVES POUR LE COLLECTIF MENTORAT :

  • Apporter un référentiel de compétences commun aux actions de mentorat social.
  • Mutualiser les ressources de formations existantes et réfléchir à des parcours de formations complémentaires sur toute la durée d’accompagnement d’un mentor.
  • Offrir des temps de formation communs à tous les mentors, quel que soit le public, faciliter l’échange de pratiques au sein de toute la communauté d’acteurs français, créer un sentiment d’appartenance.
  • Travailler en lien étroit avec les universités et les entreprises pour identifier clairement les bienfaits du mentorat et en développer l’engagement et sa reconnaissance.
  • Sensibiliser les cadres dirigeants à devenir mentors eux-mêmes et promouvoir en interne la reconnaissance du mentorat.

 

(Propos recueillis par Fiona Soler Harroche)

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